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Quand l’Homo ecoalterus chasse l’Homo consodebilus

L’ère de l’Homo consodebilus est révolue et les brillants cerveaux du marketing écocitoyen nous ont concocté un beau spécimen pour le remplacer : l’Homo ecoalterus, un citoyen concerné par les misères du monde et qui, de ce fait, consomme « éthiquablement ».

Son avènement est prévu pour 2010 mais les agences Eco&co et Allegoria consultants planchent déjà sur les nouveaux modes de consommation, plus écologiques et plus citoyens, qui infusent dans notre société, avec l’espoir de donner les bonnes clés de vente à leurs clients (des marques, des concepteurs de produits... soucieux de « redonner un sens à la consommation »). Commerce équitable, altermondialisme, développement durable, économie sociale et solidaire, tout est bon pour nourrir le mouvement écocitoyen. « L’écosensibilité n’est pas issue de l’écologie uniquement, elle puise ses origines dans trois mouvements de pensée principaux : le christianisme social, l’écologie et le consumérisme », analyse Alexandre Pasche, fondateur d’Eco&co et coauteur d’une étude sur le sujet. L’Homo ecoalterus est moderne, urbain, communicant, altruiste, obsessionnel. Portrait simplifié de l’Homo ecoalterus.

Cosmétiques

Les cosmétiques bio, ça existe. Crème solaire, shampoing, déodorant, gels douche... ils sont tous composés d’ingrédients naturels issus de l’agriculture biologique. Pour les choisir, il faut consulter la liste verte du guide Cosmetox élaboré par Greenpeace (téléchargeable sur www.greenpeace.fr). En plus, aucun de ces produits n’est testé sur les animaux. Pour remplacer le déodorant ou le dentifrice, les puristes raffolent du bicarbonate de soude.

Vêtements

Le tee-shirt est confectionné à partir de coton bio équitable ou de chanvre qui, lui, consomme peu d’eau et peut être produit en France. Les habits en soie sont proscrits (car la soie est le produit d’un processus animal). Les baskets sont conçues en France, mais fabriquées au Brésil. A base de latex, de coton bio et de cuir végétal, elles permettent de marcher éthique. La récup, les brocantes et les fripes de grand-mère ont aussi la cote, d’où un look un peu « unique ».

Tube digestif

L’Homo ecoalterus ne s’alimente qu’avec des produits issus de l’agriculture biologique, achetés au marché ou chez les commerçants de proximité. Légumes et fruits se consomment en saison (exit la tomate à Noël) et, si possible, près de leur lieu de production (exit la banane, l’orange et les fruits exotiques). Viande et poissons se consomment modérément : l’élevage exige beaucoup d’énergie et les stocks de poisson des océans diminuent. Vive le pain au levain ou le plain complet, exit les pains aux céréales hors de prix aux qualités nutritionnelles limitées.

Cuisine

A la vapeur, car le Teflon est toxique quand il est chauffé. La cuisinière à gaz ou les plaques vitrocéramiques économisent de l’énergie.

Poubelles

L’Homo ecoalterus en possède trois puisqu’il trie consciencieusement ses déchets (verre, papier emballages, déchets organiques). Les plus déterminés préparent eux-mêmes leur compost, tout en vivant en appartement. Ils fabriquent leurs vermicompostières, y installent des lombrics qui digèrent les matières organiques (épluchures, marc de café, journaux ou cartons) et répandent le compost obtenu sur les herbes aromatiques qui poussent sur le balcon.

Accessoires

Le sac en cuir est aboli car c’est un produit animal. L’Homo ecoalterus préférera le cuir végétal (coton imbibé de latex) ou le chanvre. Le chapeau est en paille, il vient de nos campagnes. Le téléphone portable est en mode vibreur pour ne déranger personne. Son chargeur est à manivelle ou solaire.

Vélo

Dans cette tribu, on ne se déplace pas en voiture, sauf les week-ends et à l’occasion, on la loue dans un organisme d’autopartage. En ville, les transports en commun et les vélos ont les préférences de l’ecoalterus. Le vélo est équipé de grosses roues pour grimper sur les trottoirs sans peine. Un bon VTT coûte à l’achat le prix d’un mois d’utilisation d’une voiture en ville (500 euros).

Article du journal « Libération »

Article publié le 31 octobre 2005.


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